Enjeux du Big data : la donnée est un élément de connaissance essentielle

Si le phénomène n’est désormais guère nouveau, on assiste encore et toujours à une véritable révolution économique dans le champ des données et de l’acquisition des connaissances comportementales de la clientèle, du fait d’une large dématérialisation des échanges et des moyens d’enregistrement des données de communication à l’échelle mondiale.

 

Ce faisant, cette économie immatérielle, « uberisée » selon l’expression consacrée, a fait émerger des acteurs économiques dont le savoir-faire consiste notamment à traiter, analyser, identifier et interpréter les attitudes des consommateurs à partir de leurs données. Le produit de ce travail constitue un avantage concurrentiel ciblé pour son utilisateur.

Cela vaut d’ailleurs en politique ainsi que le démontre l’utilisation du logiciel Nation builder, qui a contribué à la réélection de Barack OBAMA http://www.lopinion.fr/1-novembre-2015/primaire-2016-premiere-campagne-big-data-29682

 

 

C’est pourquoi l’accès aux informations pertinentes est devenu une préoccupation majeure et le pétrole du 21ème siècle, dans un monde toujours plus ouvert, d’hyper-communication et de dépossession des données personnelles.

 

Sur ce front, ainsi que nous l’avions annoncé, la CNIL et la CADA devraient poursuivre leurs efforts de rapprochement en vue de créer un grand « service public de la donnée », destiné à contrôler davantage les droits d’accès aux informations substantielles, ainsi que cela ressort du projet de loi numérique http://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPreparation.do?idDocument=JORFDOLE000030857456&type=general&typeLoi=proj&legislature=14 , tandis que l’open data se poursuit à travers l’accès en ligne des informations du RCS sur www.infogreffe.fr, comme conséquence de la loi Macron, bien que l’initiative soit jugée insuffisante.

 

Dans le même temps, le 16 octobre 2015, l’exécutif présentait les lignes directrices en matière de cyber sécurité et de stratégie numérique http://www.gouvernement.fr/strategie-nationale-pour-la-securite-du-numerique-un-bon-equilibre-entre-prise-en-compte-de-la-3075 conscient de la nécessité de contrôler l’usage des données et de protéger les intérêts de la France en la matière.

 

 

Le big data étant incontestablement créateur de valeur ajoutée, cela n’est pas sans générer des affrontements entre les acteurs économiques, où l’information est davantage monétisée que les biens matériels.

 

Plusieurs affaires sont actuellement à recenser, illustrant ce vif intérêt :

 

-          Le procès HSBC qui, de report en report, http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/11/02/hsbc-le-proces-d-herve-falciani-s-ouvre-en-son-absence_4801229_3234.html met en lumière la révélation, et l’éventuelle violation du secret bancaire, au titre de laquelle l’ex informaticien de la banque avait communiqué à l’administration fiscale française la liste de français titulaires de comptes dissimulés en Suisse ; cela démontre la valeur fiscale et financière des données.

 

 

-          Uber, principal artisan de l’économie dématérialisée, accuse son concurrent de lui avoir soustrait un fichier de chauffeurs aux Etats-Unis par voie de piratage informatique http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2015/10/09/32001-20151009ARTFIG00094-uber-accuse-son-principal-concurrent-d-espionnage.php ; cela démontre la valeur commerciale des données collectées.

 

-          Enfin, traduisant la volonté réaffirmée de domination des Etats-Unis sur l’économie numérique, il a été annoncé le rachat de la branche européenne VISA par la société américaine http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/021447335406-visa-rachete-visa-europe-pour-165-milliards-deuros-1171397.php ce qui va permettre indirectement de prendre connaissance de nombreuses données bancaires et financières à travers les 500 millions de cartes bancaires utilisées sous ce système sur le continent américain.

 

 

Et d’ailleurs, dans cette dimension de conquête, il convient de garder à l’esprit les mots du Président américain, en février 2015, en réponse aux accusations d’espionnage numérique après les très nombreuses révélations de l’affaire Snowden, énonçant avec un ascendant affirmé que les Etats-Unis ont créé et diffusé Internet (pour des raisons de communication militaire à l’origine) et que par conséquent ils sont propriétaires des données qui empruntent ce réseau http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/02/21/l-espionnage-de-gemalto-le-cynisme-de-m-obama_4580993_3232.html

En terme de domination, on ne saurait être plus clair …