TAFTA, l’éveil des consciences

Tandis que s’ouvre actuellement une nouvelle séance de discussion à New York, après que Barak Obama soit venu en Europe en faire la promotion, et pendant que la contestation enfle en Allemagne alors que les députés français se plaignent des conditions d’accès aux clauses en négociation, après l’adoption du TTP, les USA souhaitent désormais ouvertement accélérer la manœuvre et voir adopter le TAFTA avant fin 2016.

 

A l’occasion du colloque du SYNFIE du 16 mars 2016 consacré aux nouvelles menaces pesant sur les fleurons industriels français, auquel nous avons participé, l’économiste et essayiste Hervé JUVIN a évoqué « une colonisation du droit ».

 

A nos yeux, il s’agit d’une nouvelle politique américaine d’endiguement (containment en anglais) non plus politique ou militaire mais économique, où, après avoir verrouillé l’Asie, excluant du TPP la Chine et l’Inde notamment, les USA œuvrent à affirmer davantage leur prégnance économique et financière, par voie de standards imposés, tirant les relations d’affaires à l’Ouest et mieux détacher l’Europe de ce qui se dessine à l’Est.

 

Nous avons par ailleurs recensé plusieurs opinions diverses, parmi lesquelles :

 

Frédéric Farah, professeur d’économie (Paris III) estimant que le futur traité :

« dilue définitivement l’UE dans une vaste zone de libre-échange rendant encore plus difficile tout projet politique européen. J’appelle ça a ruse de l’histoire. » (…). « Il faut bien comprendre que le TAFTA vise à contrer la montée en puissance de la Chine ».

http://www.liberation.fr/planete/2016/04/25/tafta-l-augmentation-du-pouvoir-d-achat-ici-et-la-bas-est-un-vaste-mensonge_1448527

 

Pour Pascal BONIFACE, Directeur de l’IRIS, « Le monde unipolaire a été une illusion qui a emmené George Bush et les Etats-Unis dans la guerre d’Irak, fiasco qui a affaibli la puissance américaine. (…) L’émergence d’autres puissances faisait perdre aux Etats-Unis, et au monde occidental plus largement, le monopole de la puissance. L’usage excessif de la violence par les Etats-Unis a amené la puissance américaine à être impopulaire et donc perdre de sa puissance. »

http://egalites.blogs.liberation.fr/2016/04/05/de-legalite-des-etats/

 

Selon le député Jacques MYARD, membre de la délégation parlementaire au renseignement (qui a bien voulu signer la préface de notre dernier ouvrage) et membre de la commission des affaires étrangères, « si l’accord n’est pas approuvé par une majorité qualifiée du congrès [américain], les Etats fédérés des Etats-Unis ne l’appliqueront pas. Tant que nous n’aurons pas la garantie que l’accord sera appliqué côté américain, inutile de le signer. La réciprocité est le gage essentiel de la loyauté d’un accord. Ce sujet, comme l’extraterritorialité du droit américain mérite d’être abordé franchement avec les Etats-Unis. Ce pays a trop tendance à outrepasser ses compétences juridictionnelles pour imposer des sanctions aux sociétés étrangères, dont françaises, au seul motif qu’elles ont utilisé le dollar… »

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/04/25/31001-20160425ARTFIG00214-tafta-l-europe-ne-doit-plus-etre-a-la-botte-des-etats-unis.php