Panama Papers et géopolitique des paradis fiscaux

Les révélations issues du scandale dénommé Panama Papers ne peuvent qu’amener à porter un jugement négatif sur ces options et mécanismes permettant d’éluder des impôts.

 

Après tout, n’est-ce pas le revers de la médaille de la mondialisation, conduisant à la pratique du dumping, qu’il soit social ou fiscal ?

 

Dans le droit fil de cette réflexion, il convient d’avoir une lecture davantage géopolitique sur ces paradis fiscaux.

 

Plusieurs analyses méritent une attention particulière :

 

–          Le dernier numéro du GEAB http://geab.eu/  (centre d’analyse et de prospective alternatif) mentionne que les USA laissent avec bienveillance se créer de telles zones franches fiscales, ce d’autant que certains états fédérés comme Porto-Rico sont actuellement confrontés à de graves difficultés d’endettement budgétaires auxquelles seul le recours au dumping fiscal permettrait de faire face au remboursement des créanciers (GEAB n°105, n°15 mai 2016, p.27). Il est également indiqué que l’absence de noms américains sortis des Panama Papers montre que les contribuables américains sont davantage orientés vers leurs propres paradis fiscaux présents sur le territoire fédéral que sous d’autres tropiques.

 

–          A cet égard, le Portail de l’IE, jamais à court d’analyses pertinentes, met en exergue le cas du Delaware http://portail-ie.fr/article/1397/Les-Etats-Unis-ce-nouveau-paradis-fiscal

 

–          Enfin, il faut souligner la contribution extrêmement fine et éclairante de Vincent Piolet, pour la revue Conflits, lequel démontre comment la mise en place de législations anti paradis fiscaux (les états non coopératifs) et de la levée du secret bancaire sur le continent européen s’est traduit par un transfert des capitaux vers le continent américain, au bénéfice de ses propres états fiscalement peu contraignants. Ce faisant, la fiscalité est devenue une arme de guerre économique (« Le paradis fiscal, une construction géopolitique », par Vincent Piolet, in Conflits n°7, oct/nov/déc 2015, pp. 19-21).