Cybersécurité & cyberdéfense, l’Europe se vaubanise (ou se vassalise ?)

En application de la Directive UE Network and Information Security (NIS) du 6 juillet 2016, transposée par la loi 2108-133 du 26 février 2018, https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2018/2/26/INTX1728622L/jo/texte/ le décret du 23 mai 2018 https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036939971 a été publié, désignant les opérateurs de services essentiels (OSE) et fournisseurs de service numérique (FSN) visés par les mesures impératives de cybersécurité, sous l’égide de l’ANSSI.

 

Nous avons largement abordé ce sujet avec notre amie Myriam QUEMENER, au cours du cyber day qui s’est déroulé le 6 juin dernier https://www.cyber-day.info/ à l’Ecole de guerre économique (EGE). Ce fut l’occasion de rappeler les préceptes permanents de la guerre tel qu’enseignés notamment par l’ingénieur, philosophe et maréchal VAUBAN dans l’édification de la ceinture de fer, premier ouvrage militaire de résilience destiné à concentrer les forces de l’ennemi, de reconstituer celles de l’assaillant pour mieux riposter. Cela n’est pas sans rappeler les plans de continuité d’activité (PCA) en mode dégradé ou de reprise d’activité (PRA). L’attaque et la défense obéissent à des lois universelles quels que soient les moyens employés.

 

En parallèle, l’UE cherche a développer sa doctrine de cyberdéfense, consciente des cyberconflits à l’œuvre dans le cyber espace. Si l’ENISA doit être renforcée (et renouvelée car son mandat court jusqu’en 2020) il convient de réfléchir en matière d’autonomie et liberté stratégiques, y compris sur le plan industriel. C’est le propos que nous avons tenu devant la commission défense de l’Assemblée nationale qui nous a auditionné le 16 mai 2018.

D’aucuns pensent cependant que cette force de cyberdéfense, dont la France s’est dotée et a déjà une expérience avérée, soit placée auprès de l’OTAN http://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20180607IPR05242/pour-une-cyberdefense-europeenne-robuste-et-des-liens-plus-etroits-avec-l-otan on se croirait revenu au dilemme gaullien, si ce n’est que depuis lors le rideau de fer est tombé, ce n’est visiblement pas le cas du mur de l’ouest pour reprendre l’expression d’Hervé JUVIN.